Restauration de l’orgue de Beaumesnil
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Restauration de l’orgue de Beaumesnil

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PATRIMOINE. Dominique Gervais a entrepris le relevage complet de l’orgue de l’église Saint-Nicolas de Beaumesnil (Mesnil-en-Ouche), 35 ans après y avoir assisté son père.

Un nouveau souffle

Dominique Gervais a la chance d’exercer un métier-passion devenu rare et précieux : celui de facteur d’orgue. Un savoir-faire appris dès son plus jeune âge aux côtés de son père Maurice. Quand d’autres facteurs fabriquent de nouveaux instruments, père et fils (et maintenant, Dominique seul) s’emploient à les remettre en état. Lorsque tous les éléments sont encore en place, un orgue muet peut en effet retrouver, après des manipulations attentives, son souffle puissant et harmonieux, qui fait vibrer l’auditoire, croyant ou non croyant.

Un orgue daté de 1870

Combien de vénérables instruments endormis car oubliés Dominique a-t-il ainsi tiré de leur sommeil ? La commune nouvelle de Mesnil-en-Ouche n’a, de son côté, pas oublié qu’elle abrite, entre autres trésors répartis dans les vingt clochers dont elle a la charge, un orgue réalisé en 1870 par les frères Damien de Gaillon, menuisiers hors-pair, pour l’église Saint-Nicolas de Beaumesnil.
Le relevage complet de l’instrument, confié à Dominique, qui y était intervenu en 1985 aux côtés de son père, a donc été inscrit par la commune dans son projet de restauration de quatre clochers. Une opération d’envergure, pour laquelle une souscription a été lancée en octobre dernier, en partenariat avec la Fondation du Patrimoine, au cours d’un week-end festif et réussi, dont le coup d’envoi a justement eu lieu en l’église de Beaumesnil. En mars dernier, 2 885 € avaient d’ores-et-déjà été collectés, soit 16,97 % du montant de l’intervention, chiffrée à 17 000 €.

Démontage et harmonisation

Fin avril l’artisan s’est installé pour une semaine dans la tribune de l’orgue. Il s’y est employé au démontage des différents éléments, en particulier les 400 tuyaux, qui seront ensuite nettoyés un par un dans son atelier de Pornic. Parallèlement, le facteur d’orgue a profité de cette semaine pour se consacrer à l’aspect mécanique (clavier, pédalier, et les huit tirants de jeu). Un traitement xylophène a été appliqué, et le passionné a décidément pu constater la qualité du travail de menuiserie réalisé par les frères Damien 150 ans plus tôt. Dominique Gervais a enfin changé l’ensemble des garnitures (cuirs, peaux, feutres). Car le métier de facteur d’orgue possède de multiples dimensions. Il conduit à manipuler toutes sortes de matériaux, la dimension artistique couronnant le tout. Avec une fascination constante pour la complexité et la perfection de l’instrument.
Après deux semaines de travail en atelier, le passionné sera de retour pendant la semaine du 11 mai pour intervenir sur la tuyauterie ; l’aspect le plus important de sa mission, consistant à remonter les tuyaux en veillant à égaliser leur puissance et leur niveau sonore, et à garantir un accord général harmonieux.
Le facteur d’orgues finalisera son travail en septembre, avec l’installation d’un moteur tout neuf pour la soufflerie ; un moteur discret et économe en énergie, fabriqué en Allemagne. Le relevage complet de l’instrument donnera sans doute lieu, lorsque la crise sanitaire actuelle ne sera plus qu’un mauvais souvenir, à des festivités en présence des donateurs et sans doute des Mesnilois (et de leurs voisins) qui découvriront à leur tour les secrets du beau métier.
L’instrument sera protégé du soleil par un rideau occultant, et il se trouvera sans doute des musiciens pour le faire à nouveau vibrer. Une perspective réjouissante